Les statuts :
Les textes fondateurs :
Evelyne Louveaux, cofondatrice d’Utuc a été pendant 30 ans une alliée du Mouvement ATD Quart-
Monde. Le KapQuart, également à l’origine d’Utuc, est aussi en lien avec ATD Quart-Monde. C’est
donc dans l’esprit de Joseph Wresinski, fondateur d’ATD que s’est créé Utuc en 2008
En voici les grands principes :
1) La pauvreté n’est pas une affaire de charité mais de droits humains
« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. » JW
(Article premier : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués
de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 22 : Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale; elle est
fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa
dignité et au libre développement de sa personnalité)
2) Refus de l’assistanat pur et simple qui n’aide pas à rétablir la dignité
« Le Mouvement ATD Quart-Monde a ceci de particulier que ses premiers fondateurs, ses premiers
membres furent les plus pauvres, les exclus eux-mêmes. C’est avec eux que fut entrepris le premier
geste essentiel et symbolique : de demander aux organisations à caractère charitable, au sens étroit,
de partir, de remplacer la soupe populaire par une bibliothèque, la distribution gratuite de
vêtements usagers par une coopérative de vêtements. »
Utuc a été créé dans la rue et avec les personnes à la rue et nous cherchons à développer le
partenariat avec les bénéficiaires
3) Ecouter l’exclu, il a des choses à nous apprendre
« Jamais nous ne réintégrerons l’exclu tant que nous n’acceptons pas sa parole comme une
contestation pour nous et pour notre monde : non seulement pour nos politiques et nos structures
mais pour nos manières d’être et notre civilisation. » JW
« Tant que le pauvre n’est pas écouté, tant que les responsables de l’organisation d’une cité ne
s’instruisent pas de lui et de son monde, les mesures prises pour lui ne seront que des gestes par à
coup, répondant à des exigences superficielles et d’opportunité. Les actions subjectives qui ne
s’inspirent pas de l’univers vécu du pauvre, en dépit de toute bonne volonté ne l’introduiront pas
dans les structures de la société. » JW
4) Refuser le jugement
« Nous n’avons évidemment pas l’esprit à juger mais à connaître, à comprendre par mille petites
choses, la vie, le cœur des personnes. » JW
« Ma mère criait après ma sœur. Les cris, j’en avais l’habitude. A la maison, papa criait tout le temps.
Il frappait mon frère aîné au grand désespoir de ma mère. Il injuriait aussi maman et nous vivions
sans cesse dans la peur. Ce n’est que bien plus tard, à l’âge d’homme, en partageant la vie d’autres
hommes comme lui, d’autres familles comme la nôtre, que j’ai compris que mon père était un
homme humilié. Il souffrait d’avoir manqué sa vie : il portait en lui la honte de ne pouvoir donner
sécurité et bonheur aux siens. » JW
5) Changer le regard de la société
« Le pire des malheurs est le mépris de vos concitoyens, car c’est le mépris qui tient à l’écart de tout
droit, qui fait que le monde dédaigne ce que vous vivez. Il vous empêche d’être reconnu digne et
capable de responsabilités. Le plus grand malheur de la pauvreté extrême est d’être mort vivant, tout
au long de son existence. » JW
6) Critères de réussite : réintégration ?
« Nous dévalorisons le milieu dans lequel vivent les familles en faisant croire que notre objectif
est de les faire sortir le plus tôt possible d’un milieu qui serait malsain et sans valeur. Si c’était
cela notre objectif, nous serions les gens d’un service, et notre association serait une association
de service. Cependant, quel service rendrions-nous ? Si nous somme un service offert aux
pauvres, alors, on comprend que notre souci est d’offrir un service efficace. Et quelle sera la
manière de juger de son efficacité, de mesurer ses réussites ? Elle sera de compter les personnes
et les foyers réintroduits dans la société. Nous serons venus avec une vision de l’extérieur, avec
une vue des pauvres comme des gens qui ont besoin d’un service pour s’en sortir. Nous serons
venus avec une pensée extérieure et non pas avec un engagement inconditionnel aux familles. »
A Utuc, nous luttons contre l’exclusion des personnes précarisées en créant du lien, par l’écoute, le
respect et la bienveillance. Nous respectons le choix de vie de chacun.
Nous voulons offrir à chacun les conditions de sa dignité